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Employabilité & développement des compétences

L'employabilité ne se décrète pas —
elle se construit, île après île Nouveau

Comment mobiliser les salariés pour développer leurs compétences et garantir leur avenir dans un environnement incertain

Pendant des décennies, l'entreprise a proposé un contrat implicite : soyez loyaux, soyez efficaces, et nous vous garderons. Ce contrat est mort. Non par cynisme, mais parce que le monde a changé trop vite pour que quiconque puisse encore tenir cette promesse. Ce que chaque professionnel peut construire, en revanche, c'est son employabilité. Et cela commence par une prise de conscience : celle de sa manière propre de faire, de ses compétences singulières, de son archipel personnel.

1 Le constat

Le paradoxe des 80 %

Toute organisation qui a conduit un audit sérieux de sa gestion des compétences a fait le même constat : environ 20 % des salariés gèrent activement leur développement professionnel. Les 80 % restants attendent — soit que les choses se passent, soit que l'entreprise s'en occupe à leur place.

Ce n'est pas de la paresse. C'est une réponse rationnelle à un système qui, pendant longtemps, a récompensé la loyauté et la stabilité plutôt que la mobilité et le développement. On ne change pas un comportement sans changer les conditions qui l'ont produit.

Le salarié qui ne développe pas ses compétences ne préserve pas sa situation : il la fragilise un peu plus chaque jour, sans le voir.
— Jean-Marie Breillot

Dans un environnement qui ne garantit plus l'emploi à vie, rester immobile est devenu le vrai risque. L'enjeu est donc de transformer cette réalité — souvent vécue comme une menace — en élan de développement.

2 Les leviers

Six leviers pour mobiliser les salariés

1
Substituer la promesse d'employabilité à la promesse de carrière
L'entreprise s'engage à développer les compétences transférables du salarié. Le salarié s'engage à les développer activement. Ce co-investissement — en temps, en formation, en mobilité — crée la confiance.
2
Rendre l'incompétence acceptable — voire désirable
L'état normal de la compétence, c'est l'état d'incompétence. Le déséquilibre positif — se confronter à ce qu'on ne maîtrise pas encore — est le vrai moteur du développement. Il faut créer des espaces où l'on a le droit d'essayer et d'apprendre.
3
Ancrer le développement dans le désir, pas dans l'obligation
Les vrais chemins de développement émergent là où les personnes ont envie d'aller. L'entretien professionnel bien conduit, les missions transversales, le co-développement entre pairs permettent d'explorer sans risque existentiel.
4
Donner à chaque salarié une représentation de son Archipel
On ne peut pas développer ce qu'on ne voit pas. Cartographier ses compétences actuelles, repérer ses îles en friche, visualiser les passerelles : c'est transformer l'abstraction en navigation concrète et désirable.
5
Faire du manager un coach de l'employabilité
Aucun dispositif RH ne remplacera la conversation entre un manager et son collaborateur sur l'avenir de ce dernier. Le manager qui développe vraiment ses équipes ne les retient pas : il les prépare à leur prochaine étape.
6
Créer des communautés apprenantes internes
Les individus se mobilisent rarement seuls. Groupes de co-développement, communautés de pratiques, forums métiers : ces espaces décloisonnent l'organisation et rendent les autres métiers concrets et humains.
L'outil central

L'Archipel des compétences : se voir naviguer

Au cœur de cette démarche se trouve une conviction : on ne peut pas développer ce qu'on ne voit pas. Avant de se demander « quelles compétences dois-je acquérir ? », il faut pouvoir répondre à une question plus fondamentale : « qui suis-je professionnellement, et qu'est-ce que je sais vraiment faire ? »

C'est la question à laquelle répond L'Archipel des compétences — non pas un manuel de gestion, mais une invitation à se découvrir, à prendre conscience de sa manière de faire et à placer cette conscience au cœur d'un projet professionnel vivant.

  • Cartographier ses compétences actuelles et ses forces distinctives
  • Repérer ses îles en friche : le potentiel latent inexploité
  • Visualiser les passerelles vers d'autres métiers ou rôles
  • Comprendre ses moteurs profonds et ses lignes de désir
  • Construire un projet professionnel ancré dans sa singularité
  • Piloter son développement avec lucidité et avec désir
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3 Conclusion

La responsabilité partagée

Mobiliser les salariés pour développer leurs compétences dans un environnement incertain repose sur un principe simple mais exigeant : la responsabilité partagée. Aucun des trois acteurs ne peut porter seul ce projet.

L'entreprise
crée les conditions, les outils et les espaces de développement
Le manager
accompagne, encourage et coache l'employabilité de ses équipes
Le salarié
s'engage, agit et prend en main son propre archipel de compétences
Un professionnel se construit en construisant ses compétences. Dans un monde sans emploi à vie, l'employabilité ne se décrète pas. Elle se construit, île après île, avec lucidité et avec désir.